Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Zimbabwe

HRP
Personnes dans le besoin
6,8 millions
Personnes ciblées
4,5 millions
Besoins (US$)
505,5 millions
Population totale
14,9 millions
Niveau de revenu
Intermédiaire-inférieure
INFORM Severity Index
3.7 / Très élevé
Appels consécutifs
2019 - 2021
Personnes bénéficiaires (2020)
4,0 millions

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

En 2021, 6,8 millions de personnes auront besoin d'assistance humanitaire au Zimbabwe, en raison essentiellement des chocs climatiques et des défis macroéconomiques auxquels est venue s’ajouter la pandémie de COVID-19. Le coût des produits de base a considérablement augmenté l’année dernière. La pauvreté est estimée avoir affecté au moins 47 % (7,6 millions de personnes) de la population du pays en 2020, par rapport à 40 % (6,6 millions de personnes) en 2019. Les femmes, qui représentent 65 % du secteur informel, sont affectées de manière disproportionnée par les difficultés économiques.

Suite à des précipitations relativement bonnes en 2019/2020 et à une intensification majeure de l’assistance alimentaire, l’insécurité alimentaire a fortement diminué en 2020 par rapport à 2019. Toutefois, près de 3,4 millions de personnes dans les zones rurales devraient être confrontées à une insécurité alimentaire de Crise ou d’Urgence (Phase 3 ou au dessus de l’IPC) durant la saison de soudure 2020/2021 (janvier-mars) et 2,3 millions de personnes dans les communautés urbaines devraient se trouver en situation de grave insécurité alimentaire en 2021. Les ménages ont enregistré une réduction de leurs revenus de 51,5 % en moyenne en 2020 par rapport à 2019, selon le ZimVAC. On estime que 1,2 million de personnes en phase 2 de l’IPC (tendue) se trouveraient au moins dans une phase supérieure n’eût-été l’assistance reçue actuellement. Il est vital que cette assistance se poursuive tout au long de la saison de soudure 2020/2021.

Le Zimbabwe a enregistré une forte augmentation des problèmes de protection durant le confinement lié à la COVID-19, notamment de la violence sexiste en 2020. Entre janvier et septembre 2020, 5507 cas de violence sexiste ont été rapportés sur la Ligne d’urgence nationale pour la violence sexiste, une augmentation de 200 % par rapport à la même période en 2019.

Les enfants ont été impactés sans précédent par la situation humanitaire actuelle. Plus de 4,6 millions d’enfants n'ont pu accéder à l'éducation et à des mécanismes d'orientation scolaire et 1,7 d'entre eux aux programmes d'alimentation scolaire. La situation humanitaire au Zimbabwe a réduit la qualité des habitudes alimentaires et perturbé l’accès à des services de nutrition. Les ménages désespérés ont rapporté avoir davantage recours à des mécanismes d’adaptation négatifs comme le travail d’enfants, les mariages précoces et le commerce du sexe et que les défis économiques ont fait obstacle à la rescolarisation des enfants, en particulier les filles.

Situation prévue en 2021 et au-delà

L’économie zimbabwéenne demeure imprévisible et l’inflation continuera probablement en 2021. En 2020, l’inflation mensuelle a culminé à 35,53 en juillet et l’inflation annuelle à 785,6 % en mai. Les tensions de l’environnement macroéconomique ne risquent pas de s’améliorer dans l’immédiat et devraient avoir une incidence négative sur les moyens de subsistance, les revus et l’accès à des produits de base des ménages, comme l’indique le ZimVac de 2020.

Les prévisions pluviométriques offrent des perspectives plus positives pour la saison 2020/2021, la production agricole devrait s’améliorer et des efforts sont en cours pour relancer la production agricole, notamment les méthodes de conservation (« Pfumvuzda »). Mais la production restera à 30 % inférieure aux moyennes sur cinq ans et sur dis ans et des risques multiples pourraient avoir une incidence négative sur les récoltes de 2020/2021, notamment l’invasion de criquets migratoires africains. Ces prévisions pluviométriques pourraient un environnement de favorable à la reproduction et des essaims et des larves sont déjà observés à Manicaland Providence et à Hwange. S’ils restent hors de contrôle, les dommages occasionnés aux cultures par les criquets pourraient avoir un effet multiplicateur sur l'insécurité alimentaire de communautés déjà affectées par des sécheresses précédentes et par la COVID-19.

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Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2019 – 2021)

Les perturbations de services cruciaux – protection des enfants, éducation, santé et WASH – persisteront probablement en raison des inondations, de la sécheresse, de la COVID-19, des défis économiques, des mesures industrielles éventuellement prises par de hauts responsables et des coupures de courant. La situation économique a limité l’accès à des soins de santé reproductive et la pandémie épuise les infrastructures de santé vieillissantes. Les coupures de courant ont perturbé les soins de patients gravement malades et les médicaments et les produits de base essentiels ont été perturbés par des ruptures de stocks. Les prévisions de précipitations supérieures à la moyenne pour la saison des pluies 2020-2021 et l'aggravation de l’accès à une eau salubre et à un assainissement approprié pourraient augmenter le risque de flambées de maladies d’origine hydrique, en particulier durant la première moitié de l’année2021.

Priorités de la réponse en 2021

Le Plan de réponse humanitaire 2021 du Zimbabwe fait appel à 505,5 millions de dollars pour fournir une assistance vitale et autonome à près de 4,5 millions de personnes sur les 6,8 missions estimées en avoir besoin. En consultation avec le gouvernement du Zimbabwe, le HRP priorise la réponse aux inondations, à la sécheresse, à la COVID-19 et la situation économique actuelle. Le portefeuille de projet en 2021 a été solidement priorisé à travers un processus en deux étapes. Les clusters ont procédé à des revues sectorielles intensives des activités prévues par rapport aux besoins et à la capacité des partenaires. Ils ont ensuite examiné leurs propositions respectives pour supprimer tout risque de duplication et promouvoir des synergies dans la prise en charge de problèmes cruciaux nécessitant une réponse multisectorielle (par exemple, la violence sexiste, la malnutrition, les flambées de maladies). Cette réponse leur a permis de s’atteler collectivement et efficacement aux questions transversales comme le caractère central de la protection, une réponse sexospécifique et la prévention de ’exploitation et des abus sexuels.

La réduction des besoins financiers entre 2020 et 2021 illustre la rigueur du processus plutôt qu’une réduction de l’ampleur de la crise. Cet effort a été également intensif et entrepris en étroite coordination avec les acteurs pour déterminer quelles activités seraient inscrites dans le HRP et lesquelles devraient être intégrées dans les cadres de développement comme le nouveau Cadre de coopération stratégique du développement des Nations unies. Enfin, la programmation d’espèces a été intégrée dans le HRP, chaque fois que possible.

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