Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Syrie

HRP
Personnes dans le besoin
13 millions
Personnes ciblées
10,5 millions
Besoins (US$)
4,2 milliards
Population totale
17,5 millions
Niveau de revenu
Faible
INFORM Severity Index
4.9 / Très élevé
Appels consécutifs
2012 - 2021
Personnes bénéficiaires (2020)
7,4 millions

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

Après une décennie de crise en Syrie, les besoins humanitaires restent élevés et multiformes dans tout le pays. La crise demeure caractérisée par des hostilités causant des pertes civiles, la destruction d’infrastructures civiles et les violations du droit international humanitaire et du droit international en matière des droits de la personnes, des facteurs qui sont devenus de plus en plus localisés en 2020. La situation sécuritaire reste fluide, en particulier dans le nord-ouest de la Syrie (NWS) où un cessez-le-feu est en place bien que des violations aient été rapportées, – ainsi que dans des zones au sud dans le cadre d’accords de réconciliation locaux.

L’économie de la Syrie a connu un ralentissement sans précédent, exacerbé par des problèmes comme des années de conflit et la crise financière au Liban. La forte dépréciation consécutive de la monnaie syrienne à un niveau record a déclenché des augmentations de prix sans précédent de produits de première nécessité comme le pain et le carburant. La COVID-19 a été un autre facteur aggravant avec son impact négatif sur une main-d’œuvre déjà épuisée et le système de santé affaibli dans lequel seulement 58 % sont déclaré pleinement fonctionnels.

Ces dernières années, l'accès humanitaire déjà complexe est devenu plus compliqué ; le nombre de points de passage frontaliers autorisés par le Conseil de sécurité des Nations pour l’assistance et les fournitures des Nations unies a été réduit de quatre (en 2019) à un seul.

L’impact combiné de ces changements a eu une grande portée avec actuellement plusieurs facteurs de besoins. Les déplacements en masse causés par les hostilités ont diminué depuis mars 2020 mais les besoins vitaux restent disproportionnellement élevés dans les communautés déplacées. Plus de 1,5 million des 2,7 millions de personnes déplacées dans le nord-ouest de la Syrie s’abritent sur environ 1100 sites de « dernier recours ». Nombre de ces sites sont surpeuplés et l’accès à un abri, à de l’eau salubre, à des vivres et à un soutien sanitaire et psychosocial est inadéquat.

Des besoins aigus résultant du manque d’accès à des services de base, de moyens de subsistance et d’opportunités économiques, combiné aux niveaux élevés de destruction d’infrastructures civiles cruciales comme les établissements de santé, les systèmes hydrauliques et les écoles, sont également observés dans certaines parties des gouvernorats de Deir ez-Zor, d’Hassaké et de Raqqa, dans le nord-est de la Syrie ; dans le gouvernorat de Deraa au sud ; et dans les communautés d’accueil surchargées de Damas et de Damas Rural.

Dans toute la Syrie, le dramatique déclin socioéconomique a réduit le pouvoir d’achat et la disponibilité de produits et de services essentiels. Il a également limité les opportunités d’emploi en venant s’ajouter à la pauvreté croissante. Le panier alimentaire moyen coûte 247 % plus en octobre 2020 qu’au même moment en 2019. Ces tendances ont causé une forte augmentation de l’insécurité alimentaire – de 7,9 millions de personnes il y a un an à 9,3 millions de personnes en 2020.

Les conséquences « silencieuses » supplémentaires d’années de crise sont un niveau sans précédent des retards de croissance de 674 000 enfants âgés de moins de 5 ans (une augmentation de 37 % par rapport à 2019) ; l’aggravation de la morbidité due à des maladies non-transmissibles ; la violence sexiste (GBV) ; et les traumatismes psychologiques généralisés, en particulier chez les enfants. Un nombre plus important de familles sont obligées de faire des compromis inacceptables pour survivre, notamment en sautant des repas, en se surendettant et en se déplaçant de se déplacer préventivement dans des zones où une assistance humanitaire est assurés, comme les camps.

Le manque généralisé de moyens de subsistance et d’opportunités d’emploi, l’accès inadéquat à des services de base et l’insécurité alimentaire croissante sont devenus les facteurs principaux des besoins en privant des millions de personnes de la possibilité de répondre à leurs besoins fondamentaux de manière digne et autonome.

Situation prévue en 2021 et au-delà

Ces tendances devraient continuer en 2021 en causant une augmentation du nombre de personnes dans le besoin de 11,1 millions à une estimation de 13 millions en 2021. L’ampleur des besoins causés par les déplacements nouveaux et récurrents dépendra de l’augmentation éventuelle des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie et ailleurs. La Syrie demeure une « crise de la protection » avec les besoins y associés par les hostilités, la contamination généralisée de risques d’explosion les traumatismes psychologiques, la violence sexiste et la séparation des familles.

Les retours devraient se poursuivre, dans la ligne des tendances observées en 2020. Même si un vaccin contre la COVID-19 devient disponible, le virus devrait se propager encore. Il épargnera peu de personnes mais de la manière la plus aiguë les personnes vivant dans des zones présentant une forte densité de population et/ou dans celles présentant une faible fourniture de services de base.

Graphic

Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2016 – 2021)

Priorités de la réponse en in 2021 

Les acteurs humanitaires axeront donc les efforts de leur réponse multisectorielle sur les priorités suivantes en 2021 :

  • Réponse aux risques de protection cruciaux, assurance d'évaluations des risques de protection informant toute la programmation humanitaire.
  • Maintien des services de base cruciaux, notamment par la réhabilitation d'infrastructures civiles cruciales, avec une insistance sur l’atténuation de l’impact de la COVID-19 sur la santé des personnes et ses effets secondaires sur les moyens de subsistance, l’éducation et les besoins de protection.
  • Intensification du soutien aux moyens de subsistance et à l’agriculture en réponse à l’insécurité alimentaire croissante.
  • Amélioration de la malnutrition chronique des enfants âgés de moins de 5 ans et déficiences nutritionnelles des femmes enceintes et allaitantes par des interventions coordonnées sur la nutrition, la sécurité alimentaire, la santé et WASH.
  • Prise en charge des besoins fondamentaux des ménages vulnérables des personnes déplacées, des communautés d'accueil et des retournés de manière aussi souple que possible, notamment en comblant les insuffisances d’assistance sur les sites de dernier recours pour les personnes déplacées, avec un accent particulier sur le soutien en hiver.

Pour accéder aux personnes dans le besoin, les intervenants humanitaires continueront à décupler et plaider en faveur de toutes les modalités de réponse transfrontalière et transversales. Les Nations unies estiment que 10,5 millions de personnes seront ciblées pour recevoir une assistance humanitaire en 2021. Il s’agit d’une augmentation de 9,5 millions de personnes pour un coût de 4,2 milliards de dollars, une augmentation de 10 % par rapport à 2020.

Informations complémentaires

Notes

  1. Les chiffres pour les personnes dans le besoin, les personnes ciblées et le besoins financiers sont en attente de la finalisation du HNO et du HRP 2021.