Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

République Démocratique du Congo

HRP
Personnes dans le besoin
19,6 millions
Personnes ciblées
9,6 millions
Besoins (US$)
2 milliards
Population totale
103,2 millions
Niveau de revenu
Faible
INFORM Severity Index
4.5 / Très élevé
Appels consécutifs
1999 - 2021
Personnes bénéficiaires (2020)
6,6 millions

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

Dans la République démocratique du Congo (RDC), les conflits violents, les épidémies et les catastrophes persistent et exacerbent les vulnérabilités existantes. Ces vulnérabilités sont les niveaux élevés de pauvreté, la faiblesse des infrastructures publiques et la dispense limitée de services. Les différends fonciers et liés aux ressources minérales continuent d’être des facteurs de la dynamise des conflits et des déplacements. En 2020, les conflits armés se sont encore intensifiés en Ituri et dans certaines parties des Kivus.

La RDC reste le foyer de la plus importante population de personnes déplacées en Afrique, avec 5,2 millions de personnes déplacées. En 2020, des déplacements de 1,7 million de personnes ont été enregistrés. Le pays compte aussi quelque 529 000 réfugiés originaires de pays voisins. Près de 21,8 millions de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë sévère, le nombre absolu le plus élevé jamais enregistré dans le monde. Quelque 3,4 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition aiguë.

Les flambées de maladies transmissibles continuent de s’ajouter à la complexité et à la gravité de la situation : la dixième épidémie d’Ébola à l’est a pris fin en juin mais une nouvelle flambée d’Ébola a émergé dans l'Équateur qui est une zone extrêmement fragile. Grâce aux efforts combinés du gouvernement et de la communauté humanitaire, la pire épidémie nationale de rougeole a pris fin en août 2020. Mais la rougeole, comme le choléra, demeure gravement préoccupante (415 décès sur 32 375 cas et 184 décès sur 4283 cas, respectivement, en 2020). En mars, la première infection au COVID-19 a été enregistrée et, à ce jour 11 329 cas et 308 décès ont été confirmés. En raison de la capacité de dépistage extrêmement limitée, la pleine ampleur de la pandémie est probablement plus importante. Mais son impact économique est évident : la chute des prix des produits de base déclenche une dévaluation de la monnaie qui, à son tour, fait monter les prix.

L’instabilité de la situation sécuritaire, en particulier dans l’est du pays, continue de faire obstacle à l’accès aux personnes affectées, tout comme la mauvaise qualité des infrastructures. Dans plusieurs provinces, les acteurs humanitaires ont réduit leurs déplacements ou suspendu temporairement leurs activités à plusieurs à cause d'incidents. Au moins 249 incidents sécuritaires ayant affecté directement le personnel ou des produits humanitaires ont été rapportés depuis le début de l’année 2020.

Situation prévue en 2021 et au-delà

Les conflits devraient persister. La dynamique de ces conflits restera compliquée du fait de la dynamique politique nationale et provinciale. La reconfiguration de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (MONUSCO) pourrait être un facteur influençant la situation et les contextes locaux. Les déplacements de population et les incidents de protection devraient persister, en particulier dans l’est de la RDC. Les déplacés internes, les retournés et les communautés d’accueil sont toujours les plus vulnérables. L’évolution des épidémies ou les nouvelles flambées de maladies et les catastrophes naturelles éventuelle, comme les inondations, pourraient potentiellement aggraver encore la situation.

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Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2016 – 2021)

Le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire en RDC est passé de 15,6 millions en 2020 à 19,6 millions en 2021. Cette augmentation est due à l’intensification des conflits dans certaines zones, à l’augmentation de l’insécurité alimentaire sévère, à la COVID-19 et à la flambée d’Ébola dans la province de l’Équateur. L’impact de cette flambée devrait considérablement s’affaiblir au cours des prochains mois mais devrait rester sous surveillance.

Le sous-développement structurel et les crises humanitaires continueront de limiter l’accès des personnes à des produits et à des services essentiels en impactant négativement leurs mécanismes d’adaptation et leur capacité de résilience.

Priorités de la réponse en 2021

A la fin de l’année 2020, les partenaires humanitaires devraient avoir atteint 6,6 millions de personnes. La stratégie de réponse en 2021 sera axée sur la prendre en charge de cinq problèmes cruciaux : les mouvements de populations, l’insécurité alimentaire, la malnutrition, les épidémies et la protection. En 2021, les partenaires humanitaires chercheront à assister 9.6 millions des personnes les plus vulnérables en RDC avec un besoin de financement estimé à 1,98 milliard de dollars. La méthode de ciblage a été affinée par l'approche intersectorielle et l'analyse de la sévérité pour s'assurer de prioriser les besoins les plus sévères.

Suite à l’analyse de la sévérité, la réponse humanitaire sera géographiquement axée sur l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Tanganyika et la région des Grand Lacs. Ces régions présentent une superposition de facteurs de crise et des besoins humanitaires croissants.

Les partenaires humanitaires s’efforceront d’atteindre les objectifs en dispensant une assistance ciblée et multisectorielle. Tout au long de la réponse, ils intégreront des approches transversales incluant l'obligation de rendre compte aux personnes affectées (AAP), la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (SEA), l’atténuation du risque de violence sexiste (GBV) dans la mise en œuvre des programmes et l’inclusion des personnes handicapées. À partir des progrès réalisés depuis 2019 (tels que les résultats collectifs proposés), les acteurs humanitaires continueront à renforcer l’approche Nexus pour réduire les vulnérabilités.

Informations complémentaires

Notes

  1. Commission sur les mouvements de population, données statistiques sur les mouvements de population (septembre 2018 – août 2020). 
  2. HCR, données sur les réfugiés à la fin juillet 2020. 
  3. Analyse de l’IPC, 18ème cycle, période actuelle (juillet – décembre 2020), août 2020. 
  4. Données du Cluster Nutrition à la fin août 2020. 
  5. OMS et ministère de la Santé, données épidémiologiques à la fin octobre 2020. 
  6. OMS et ministère de la Santé, données épidémiologiques à la fin octobre 2020. 
  7. INSO, UNDSS, OCHA, à la fin septembre 2020.