Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Mali

HRP
Personnes dans le besoin
7,1 millions
Personnes ciblées
5,8 millions
Besoins (US$)
498 millions
Population totale
20,3 millions
Niveau de revenu
Faible
INFORM Severity Index
3.8 / Élevé
Appels consécutifs
2012 - 2021
Personnes bénéficiaires (2020)
2,6 millions

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

En 2020, les crises humanitaires se sont aggravées au Mali en raison des effets multiformes des conflits et de la violence, notamment les conflits intracommunautaires, les groupes armés radicalisés et la criminalité. Le nombre de personnes vulnérables ayant besoin d’assistance a augmenté du fait de la pauvreté omniprésente, de la pandémie de COVID-19 et des effets chroniques du changement climatique. Le Mali a également traversé une crise politique qui a culminé avec le renversement du gouvernement par l’armée donnant lieu à une période de transition de 18 mois à compter du mois de septembre. Les conflits et les besoins humanitaires qui les accompagnent se sont étendus de la région de Liptako-Gourma vers les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso au sud et à l’ouest.

Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle a atteint 1,3 million de personnes durant la saison de soudure de juin à août 2020, soit une augmentation de plus de 200 % par rapport à la même période en 2019. Cette augmentation est due à l’instabilité de la sécurité et au contexte politique transitionnel, ainsi qu’à la faible présence d’autorités régionales et de services techniques maliens. En outre, 2,4 millions de personnes ont actuellement d’un soutien pour protéger leurs moyens de subsistance.

L’instabilité croissante a causé une poussée de déplacements internes. À la fin du mois d’août 2020, près de 290 000 personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays. Ce chiffre est quatre fois plus élevé qu’au début de l’année 2019 et compte 100 000 personnes de plus depuis août 2019. Le HCR a rapporté que le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile maliens dans les pays voisins était passé de 138 402 à 141 676 entre septembre 2019 et juillet 2020. Pendant ce temps, 84 000 réfugiés maliens sont retournés au Mali au cours de la même période en raison de l’insécurité.

La protection des groupes vulnérables reste préoccupante, avec 4411 de violence sexiste (GBV) rapportés depuis janvier 2020, essentiellement par des femmes (98 %) dont 61 % de filles. Les civils sont de plus en plus exposés à des risques le long des routes principales en raison d'engins explosifs improvisés (IED) au centre du Mali. Entre janvier et septembre 2020, des IED ont tué 181 civils. Ce nombre est similaire à celui des deux dernières années : des IED ont causé 222 pertes en 2019 et 249 en 2018.

Un total de 1261 écoles sont restées fermées en raison de l’insécurité prévalant dans le centre et nord en privant ainsi 338 700 enfants de leur droit à l’éducation. L’accès à une eau potable salubre reste problématique avec moins d'une personne sur deux y ayant accès à Gao et à Kidal. 5 % des personnes déplacées ont accès à une eau salubre, un pourcentage inférieur à la moyenne nationale de 68,8 %.

Dans les zones affectées par des conflits, 23 % des établissements de santé ne fonctionnent pas et les services de santé primaire restent limités. Au 8 novembre 2020, 3706 cas de COVID-19 avaient été confirmés dans districts sanitaires de 9 régions, dont 137 décès (un taux de cas mortels de 3,7 %) et 2828 patients guéris. Les conséquences socioéconomiques de la COVID-19 auront en outre probablement un impact socioéconomique à long terme pour les ménages les plus désavantagés.

Les inondations ont causé des dégâts considérables sur les cultures, équipements, les logements, le stockage des céréales et le bétail. Selon les chiffres du gouvernement, au 30 septembre 2020, les inondations avaient affecté 11 019 ménages (80 760 personnes), dont 5400 personnes déplacées dans les régions de Koulikoro, de Menaka et de Ségou.

Face à une urgence de santé publique, aux catastrophes naturelles et à la fragilité de la sécurité, les partenaires humanitaires (avec 45 % des besoins financiers disponibles) auront atteint 2,6 millions de personnes sur les 5,5 millions ciblées en décembre 2020. Il s’agira d’une augmentation d’environ 11 % par rapport aux 2,35 millions de personnes qui avaient été atteintes au 30 septembre 2020.

Situation prévue en 2021 et au-delà

Compte tenu de la détérioration de longue date du contexte humanitaire, les besoins humanitaires augmenteront probablement en 2021. Les défis opérationnels posés à l’accès humanitaire, à la protection et à la préservation de l’espace humanitaire domineront dans le plaidoyer et les efforts de coordination nécessaires pour atteindre les personnes dans le besoin. Dans les circonstances actuelles, les personnes déplacées n’ont aucune perspective de retour à court ou à moyen terme. la médiocrité du niveau de vie, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les dangers pour la santé augmenteront dans la population de plus en plus vulnérable qui a recours à des stratégies d’adaptation négatives pour les femmes, les filles et les personnes handicapées.

Graphic

Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2016 – 2021)

Malgré les précipitations favorables pour la saison agricole 2020, les partenaires humanitaires ont identifié le nombre record de 7,1 millions de personnes qui auront besoins d’assistance humanitaire en 2021 sur les 13,5 millions de personnes affectées par la crise. L’insécurité alimentaire continuera probablement du fait des contraintes d'accès à des terres arables à cause des conflits en cours au centre du Mali. La cherté continue des prix du marché des céréales et du bétail ainsi que les restrictions imposées par la COVID-19-telles que les perturbations des chaînes d’approvisionnement, font partie des facteurs sous-jacents venant aggraver la situation de la sécurité alimentaire. Environ 188 000 enfants maliens âgés de moins de 5 ans devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère en 2021 et le nombre de personnes de personnes exposées au risque de maladies d'origine hydrique est estimé à 1,2 million.

En réponse à la pandémie, des ressources ont été détournées des services de soins de santé de base. Cette réallocation a eu une incidence négative pour les services de soins de santé comme les soins de santé primaire, les services nutritionnels et les vaccinations.

Priorités de la réponse en 2021

Pour 2021, la communauté humanitaire malienne renouvelle son engagement à renforcer ses capacités opérationnelles afin de répondre aux besoins des 5,8 millions de personnes ciblées par le Plan de répons humanitaire (HRP) de 2021. Le budget global de la planification humanitaire est estimé à 498 millions de dollars. Il porte sur les interventions sectorielles, intersectorielles et multisectorielles devant couvrir les conséquences humanitaires de la crise liées aux réponses vitales, au renforcement des services sociaux de base, à l'assurance de la protection de la population et à la promotion de la résilience. Ces interventions dont fondées sur trois piliers thématiques conformes aux objectifs stratégiques sur trois années : sécurité alimentaire et nutritionnelle ; santé et WASH ; et protection, éducation et abris/articles non alimentaires, qui ont été adoptés en 2020.

La pandémie a exacerbé les risques et les menaces pour la protection, notamment la violence sexiste et l'aggravation de la stigmatisation et de la discrimination des personnes déplacées. Le caractère central de la protection demeure crucial dans la réponse humanitaire au Mali en 2021. Les questions transversales comme le genre, l’obligation de rendre compte, la violence sexiste, et la protection contre l’exploitation et les abus sexuels sont tout aussi cruciales.

Pour réduire la vulnérabilité, renforcer la résilience et améliorer la protection de l’environnement, des résultats collectifs doivent être identifiés sur la base d’une coordination et d’une complémentarité renforcées entre les interventions dans le domaine de l’humanitaire, du développement et de la paix. Cela inclut des activités en faveur de l’inclusion sociale et de l’autonomisation socioéconomique des populations affectées.

Les interventions intègrent les mesures d’atténuation de la COVID-19 pour protéger le personnel les communautés et les partenaires impliqués dans les programmes humanitaires.

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