Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Libye

HRP
Personnes dans le besoin
1,3 millions
Personnes ciblées
0,45 millions
Besoins (US$)
189 millions
Population totale
6,9 millions
Niveau de revenu
Intermédiaire supérieur
INFORM Severity Index
4.1 / Très élevé
Appels consécutifs
2015 - 2021
Personnes bénéficiaires
0,4 million

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

La Libye s’efforce de faire face aux effets du conflit armé en cours, aux crises économiques et de gouvernance et à l’impact direct et indirect de la COVID-19, ayant tous causé la détérioration des services publics et des moyens de subsistance des individus. La crise libyenne a une forte dimension de protection avec des violations du droit international en matière des droits de la personne et du droit international humanitaire, notamment la violence sexuelle liée aux conflits et de graves violations contre les enfants.

En raison du conflit armé qui s’est prolongé jusqu’en 2020, 417 pertes civiles avaient été rapportées en juin. Les bombardements aveugles ont égalé endommagé et détruit des établissements de santé, des écoles, des infrastructures hydrauliques et des habitations. Entre janvier et septembre, la Libye a enregistré 28 attaques d’établissements de santé, d’ambulances et de personnel médical qui ont causé la mort de huit personnes et en ont blessé 23 autres. Les conflits armés et l’insécurité ont continué à causer des déplacements durant la première partie de l’année. Un changement rapide des lignes de front en juin et en juillet a permis à des milliers de personnes de rentrer chez elles bien que la destruction de services de base et la présence de risques d’explosion soient encore des contraintes majeures faisant obstacle à des retours dans la sécurité et la dignité. En septembre, 392 000 personnes étaient encore déplacées dans tout le pays.

La Libye continue d’être exposée à un risque élevé de propagation de la COVID-19. Un sérieux obstacle à la réponse à la pandémie de COVID-19 a été la fragmentation de la gouvernance en Libye. En septembre, un plan national de préparation et de réponse pour la COVID-19 n’avait toujours pas été approuvé. La véritable ampleur de la pandémie n’est probablement toujours pas connue en raison de la pénurie de fournitures de dépistage de la COVID-19, d’établissements de soins de santé adéquats et de traçabilité des contacts.

La capacité à couvrir les besoins basiques, comme les logements, a été érodée par la crise économique en cours et par l’impact socioéconomique de la COVID-19. Au cours de l’année 2020, le pays a enregistré des coupures de courant et d’eau prolongées ainsi que des pénuries de carburant, qui ont encore affecté les moyens de subsistance et perturbé des services cruciaux. En septembre 2020, les restrictions de mouvement imposées pour réduire la propagation du virus avaient fait monter le prix d'aliments et de produits essentiels de 20 % par rapport aux niveaux antérieurs à la COVID et affecté négativement les moyens de subsistance possible des personnes affectées. Dans les groupes vulnérables, le chômage a augmenté avec 27 % des travailleurs migrants interrogés en août, par rapport à 10 % en février. De nombreuses femmes comptant sur l’économie informelle pour leurs moyens de subsistance ont été similairement affectées. De nombreux migrants et réfugiés, y compris des enfants, ont été exposés à des détentions arbitraires, à la violence sexiste, au travail forcé, à des extorsions et à l’exploitation.

Situation prévue en 2021 et au-delà

On estime qu’environ 1,3 million de personnes auront besoin d’une forme d’assistance humanitaire l’année prochaine, une augmentation de 40 % par rapport à 2020. Les besoins les plus élevés proviendront d’Alkufra, de Benghazi, d’Ejdabia et de Tripoli en raison de l’impact des conflits armés. Ces zones abritent également le nombre le plus élevé de population de déplacés, de migrants et de réfugiés. L’accord formel de cessez-le-feu, signé le 23 octobre, devant encore mis en œuvre, reste prometteur. Si le cessez-le-feu était accompagné de développements politiques et économiques associés, les déplacements internes diminueraient car les ménages se sentiraient suffisamment en sécurité pour retourner chez eux. L’accès à des services serait probablement amélioré, tout comme les revenus, spécifiquement du secteur pétrolier permettrait un investissement dans la dispense de services publics. Mais ces améliorations éventuelles pourraient toujours freinées dans un avenir prévisible par l’impact continu des cas de COVID-19 et les mesures de prévention imposées pour infléchir la courbe de propagation de la maladie.

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Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2016 – 2021)

Même avec une reprise optimiste du destin de la Libye, les besoins humanitaires resteront élevés à court terme au fur et à mesure de la matérialisation des accords sur le terrain et du rebondissement de l’économie. À long terme, certains groupes vulnérables devraient encore besoin d’une forme d’assistance humanitaire tant que des solutions durables n’auront pas été trouvées. Un plaidoyer devrait également rester nécessaire pour surmonter les obstacles culturels et la discrimination.

Priorités de la réponse en 2021

Les personnes déplacées, les retournés, les migrants, les réfugiés et les personnes non-déplacées, tous affectés par le contexte général de la Libye, resteront des groupes vulnérables prioritaires pour le HRP 2021. Un total de 1,3 millions de personnes ont besoin d’assistance et/ou de services cruciaux de protection. Sur ce nombre, 451 000 personnes les plus vulnérables seront ciblées par le HRP 2021. La communauté humanitaire internationale continuera à travailler avec les parties prenantes libyennes pour cultiver la capacité des autorités libyennes à diriger et à mettre en œuvre une protection et une assistance pour les personnes dans le plus grand besoin.

Le caractère central de la protection, de l’âge, du genre et de la diversité, ainsi que le renforcement des capacités, resteront au cœur de la réponse humanitaire. Les mesures de sauvegarde destinées à prévenir et assurer une protection contre l’exploitation et des abus sexuels seront renforcées. La gestion des données sera aussi une composante essentielle de la réponse afin de garantir que l’analyse des besoins et la planification soient centrées sur les personnes

Les besoins financier du HRP 2021 s’élèvent à 189 millions de dollars. Le plan viendra compléter les efforts de la Libye en insistant sur l’ renforcement de la coordination et de la collaboration de principe.

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