Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Corne de l’Afrique et Yémen

MRP
Personnes dans le besoin
0,76 millions
Personnes ciblées
0,56 millions
Besoins (US$)
98,7 millions
Migrants en partance
138,356
Migrants en transit
213,922
Migrants en destination
36,730
Retournés
177,524
Communautés d’accueil/de retournés
410,574

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

Les migrations en partance de la Corne de l’Afrique le long de la Route de l’est vers le Yémen et au-delà reste la route maritime la plus fréquentée dans le monde. Ces dernières années, des milliers de migrants, en provenance essentiellement d’Éthiopie et de Somalie grâce à des réseaux de contrebande, ont transité par le Yémen chaque année, certains via Djibouti vers le Royaume d’Arabie saoudite. On estime à 160 000 le nombre de migrants arrivés au Yémen en 2018 et à plus de 138 000 leur nombre en 2019. Les migrants sont essentiellement éthiopiens (93 %) et somalis (7 %). Il s’agit essentiellement de jeunes hommes ou de garçons ayant de faibles niveaux d’éducation migrant en raison de la misère, des disparités et/ou de conflits dans leur zone d'origine et souvent à la recherche d'opportunités économiques.

En 2020, la COVID-19 a introduit de nouveaux défis et risques pour les migrants suivant la Route de l’Est. La pandémie a incité les gouvernements de la Corne de l’Afrique et du Golfe à imposer de rigoureuses fermetures de frontières, à renforcer les restrictions de mouvement et à resserrer la sécurité le long des routes migratoires. Ces mesures ont rendu encore plus périlleux un voyage déjà dangereux et difficile. Les restrictions de mouvement ont impacté sur les flux de migrants avec 33 122 nouvelles enregistrées au Yémen entre le 1er janvier et le 30 septembre 2020, soit une diminution de 69 % par rapport à la même période en 2019

Le renforcement des restrictions de déplacement dans les pays et les transferts forcés de migrants ont également contribué à leur blocage le long de la route. Ils n’ont pas accès aux services essentiels, ils sont exposés aux trafiquants, aux abus et à l’exploitation et ils sont confrontés à des risques accrus de contracter la COVID-19 et à d’autres menaces pour leur santé et leur bien-être. En octobre 2020, 14 500 migrants étaient bloqués au Yémen, 1200 à Djibouti et plus de 900 en Somalie. Au même moment, des retours continus en provenance du Yémen et d’Arabie saoudite étaient observés avec plus 82 000 retours enregistrés, dont des retours spontanés (47 000) et des retours forcés (35 000) vers l’Éthiopie entre janvier et octobre 2020. Les chiffres totaux des retours sont toutefois estimés beaucoup plus élevés.

Tout au long de leur voyage, les migrants sont exposés à des risques extrêmes pour leur protection, notamment la violence, les trafics, les enlèvements, le travail forcé, l’exploitation, la détention et la violence sexiste. Ils risquent la mort en traversant le détroit de Bab-el-Mandeb et le golfe d'Aden et ils s’exposent à des conflits en transitant par le Yémen. En 2020, au moins 51 migrants ont péri sur la route de la Corne de l’Afrique. Les plus récents décès sont survenus en octobre 2020 : 20 migrants ont été retrouvés morts et d’autres disparus au large de la côte de Djibouti alors qu’ils traversaient le détroit. En 2019, au moins 123 migrants ont été tués ou portés disparus le long de cette route et l’ont estime à 60 le nombre de migrants tués par des frappes aériennes à Sa’ada, Yémen. Le nombre de morts a diminué en 2020 en raison de la diminution de la migration le long de la route mais 159 personnes meurent en moyenne sur cette route depuis 2014 bien que le nombre réel soie estimé plus élevé. Ces risques affectent tous les migrants se lançant dans ce dangereux voyage, les femmes et les filles s’exposant à un risque accru de violence sexiste et les enfants non accompagnés à un plus grand risque de subir des préjudices.

Situation prévue en 2021 et au-delà

En 2021, les besoins devraient être exacerbés par le nombre croissant de migrants bloqués le long de la Route de l’est en raison des restrictions de mouvement et des fermetures de frontières liées à la COVID-19. Cela d’autant plus que la réouverture des frontières et l’impact négatif de la COVID-19 sur les revenus et les moyens de subsistance dans les pays d’origine signifieront que le nombre de personnes choisissant d’émigrer à la recherche de meilleures opportunités sera comparable ou supérieur au nombre enregistré en 2019. Les besoins des communautés d’accueil dans les zones des retours ou de transition des migrants, bloqués ou installés, devraient augmenter dans la mesure où un nombre plus important de personnes rivaliseront pour avoir accès à des ressources et des services réduits. Avec la réouverture des frontières et la levée progressive des restrictions, les migrants bloqués à Djibouti, en Somalie ou au Yémen devraient reprendre leurs déplacements ou tenter de retourner dans leur pays d’origine en raison du manque de ressources et des difficultés qu’ils rencontrent en étant bloqués. Ceux qui ont décidé de migrer mais qui en ont été empêchés par la pandémie devrait envisager de le faire en 2021, d’autant plus que la COVID-19 aura exacerbé la pauvreté et le chômage dans les zones d’origine en contribuant ainsi à la décision de migrer malgré les difficultés croissantes le long de la route.

En 2021, les flux de migrants devraient être similaires à ceux de 2019, avec 1,7 million de personnes devant être affectées et 763 184 personnes devant avoir besoin d’assistance humanitaire (dont 352 610 migrants et 10 574 membres de communautés d’accueil/de retournés). Cela implique des migrants en transit, des migrants bloqués, des migrants à destination, des retournés, des communautés d’accueil (dans les zones d’origine et dans les zones où des migrants transitent, sont bloqués, à destination) ainsi que les familles de ceux qui ont migré. Quelque 86 % de tous les en transit devraient se trouver dans le besoin et 100 % des migrants bloqués seront dans le besoin du fait de leur situation.

Priorités de la réponse en 2021

Le Plan de réponse pour les migrants (MRP) de 2021 cible 563 128 personnes sur un total de 763 184 personnes dans le besoin (PiN) (dont 251 329 migrants et 311 799 membres de communautés d’accueil/de retournés). Il est à noter que tout recoupement de ces chiffres avec ceux des HRP a été évité en adaptant les personnes dans le besoin, les personnes ciblées et les besoins financiers.

Cela nécessitera que les partenaires veillent à ce que l’assistante aux migrants soit contrebalancée par celle fournie aux communautés d’accueil. Dans le cadre du MRP, les partenaires doivent :

  1. Fournir une assistance vitale aux migrants et aux communautés d’accueil vulnérables.
  2. Établir des preuves, des partenariats et une coordination pour améliorer la réponse humanitaire et la gestion des migrations sur la route de la migration.
  3. Renforcer l’accès au retour, à une réinsertion durable et à la stabilisation des communautés.
  4. Fournir une assistance en termes de qualité, opportune et inclusive en matière de protection et de services aux migrants et aux communautés d’accueil vulnérables.

La réponse aux migrants consistera en un soutien aux besoins vitaux de base le long de la route par des équipes mobiles et la mise en place de Points de réponse aux migrants et de protection des enfants fixes ou sur la route. Les services de protection seront priorisés, notamment en renforçant les services de protection des enfants, des mécanismes d’orientation et en mettant en place des procédures opérationnelles standard supplémentaires. L’assistance aux communautés d’accueil vulnérables sera assurée par des modalités de réponse similaires.

Les partenaires soutiendront également le renforcement des capacités des gouvernements afin d’améliorer l’assistance aux migrants et l’élaboration de politiques et de lois destinées à renforcer les droits des migrants et la gestion de la migration. Les activités relatives à la résilience et à l’autonomisation économique des communautés ciblent les points chauds de la migration et les zones de retour seront essentielles pour atténuer certaines causes profondes de la migration et contribuer à créer des synergies entre les activités humanitaires et les activités de développement. L’approche régionale portera sur le renforcement de la base d’éléments probants tout en favorisant un environnement de coopération et d’entente entre les gouvernements et parmi les partenaires dans le but de maintenir les normes et les standards internationaux de protection et d’assistance aux migrants. Cette approche accompagnera pas à pas la réponse intérieure des pays.

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