Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Cameroun

HRP
Personnes dans le besoin
4 millions
Personnes ciblées
2,4 millions
Besoins (US$)
360 millions
Population totale
26,5 millions
Niveau de revenus
Intermédiaire-inférieure
INFORM Severity Index
3.7 / Élevé
Appels consécutifs
2014 - 2021
Personnes bénéficiaires
2,2 millions

Analyse du contexte, de la crise et des besoins

Les besoins humanitaires dans neuf des dix régions du Cameroun persistent en raison de trois crises concurrentes dans le pays : le conflit dans le Bassin du Lac Tchad, la crise du Nord-Ouest eu du Sud-Ouest et la crise de réfugiés centrafricains dans les régions de l’est. L’assistance requise va de la survie immédiate au relèvement prolongé.

En 2020, la violence contre les civils a redoublé dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Le Cameroun reste le deuxième pays le plus affecté par la situation d’urgence dans le Bassin du Lac Tchad. Les hostilités continues ont déraciné 560 000 personnes, une augmentation de plus de 72 000 personnes depuis octobre 2019. Les attaques armées, les enlèvements, y compris d’enfants, et le pillage et la destruction de biens et d’infrastructures continuent à causer des traumatismes physiques et psychologiques. Cette insécurité exacerbe l’accès déjà limité à des services sociaux essentiels tels que l’éducation et la santé. Les épidémies comme celles du choléra, de la poliomyélite et la rougeole, sont récurrentes.

Les précipitations excessives depuis juillet 2020 ont causé des inondations étendues dans cinq régions du Cameroun. Plus de 170 000 personnes ont été affectées dans la seule région de l’Extrême Nord. La perte de moyens de subsistance en raison de conflits armés, de l’impact socioéconomique de la pandémie de COVID-19 ainsi que la destruction de maisons, de produits, de cultures et de champs par les inondations ont causé une augmentation drastique de l’insécurité alimentaire. Il est estimé que 630 000 personnes souffriront d’insécurité alimentaire entre juin et août 2021, une augmentation de 50 % par rapport à la même période en 2020.

Ce qui a commencé comme une crise politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2017 est maintenant devenu une urgence humanitaire complexe qui a déplacé plus de 1 million de personnes. Les personnes dans les zones rurales et difficiles d’accès sont les plus touchées en raison de l’accès limité ou inexistant à des installations médicales, nutritionnelles et WASH et de l’accès aux terres agricoles en raison de l’insécurité. Le nombre d’enfants déscolarisés est estimé à 700 000 en raison de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Des étudiants et des enseignants sont tués, enlevés, torturés, pris dans des feux croisés et soumis à des arrestations et des détentions arbitraires.

Dans les régions de l’Adamaoua, de l'Est et du Nord, le Cameroun abrite 284 000 réfugiés originaires de la RCA. Cette situation exerce une pression considérable sur les ressources naturelles et les services sociaux de base déjà limités dans les zones d’accueil et exacerbe les vulnérabilités préexistantes. 70 % des réfugiés n’ont aucune éducation formelle et 46 % n’ont aucune source de revenus. Les filles et les jeunes femmes risquent plus probablement d’abandonner l’école et sont particulièrement vulnérables aux mariages forcés et précoces et à d’autres formes d’exploitation sexuelle.

Situation prévue en 2021 et au-delà

En 2021, on estime à 4 millions le nombre de personnes au Cameroun qui auront besoin d’assistance humanitaire. En 2021, le Cameroun sera le douzième pays dans le monde exposé au risque humanitaire le plus élevé avec un indice INFORM de 6,6 sur une échelle de 10. La tendance est à une claire détérioration de la situation de risque humanitaire par rapport à 2020 (vingt-quatre pays avec un indice de risque humanitaire de 6 sur 10). Les risques sont particulièrement élevés dans les régions de l’Extrême-Nord (7,3) du Nord-Ouest (6,5), du Sud-Ouest (6,2) et de l’Est (6,1). Les risques les plus élevés sont liés à des conflits, à des épidémies et à des inondations. La situation sécuritaire devrait continuer à se détériorer dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2021, avec un indice de risque de conflit de 8 pour les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2016 – 2021)

L’accès humanitaire limité en raison du sous-financement, de l’insécurité et des mauvaises infrastructures routières devrait également rester un obstacle clé à l’atteinte des personnes dans le besoin. L’accès deviendra de plus en plus complexe et dangereux pour les organisations de secours au fur et à mesure de la détérioration de la sécurité et du ciblage croissant des organisations humanitaires par des groupes armés non-étatiques.

Priorités de la réponse en 2021

Le Plan de réponse humanitaire de 2021 priorisera les 2,4 millions de personnes les plus vulnérables sur la base d’une analyse de la sévérité des besoins de tous les secteurs avec un besoin financier final de 360 millions de dollars. Outre le fait de répondre aux besoins les plus urgents, l’approche suivie au Cameroun reconnaît que les besoins humanitaires sont exacerbés par des causes structurelles sous-jacentes. Quand et où cela conviendra, les activités de la réponse sont prévues en complémentarité avec des acteurs du développement et de l’État pour optimiser l’impact dans des zones géographiques particulières en impulsant ainsi la contribution de l’action humanitaire vers des résultats collectifs et la réalisation des Objectifs de développement durable. La protection reste une priorité dans la réponse humanitaire du Cameroun.

Informations complémentaires

Notes

  1. 321 886 déplacés internes (OIM, DTM (matrice de suivi des déplacements), juin 2020) ; 114 496 réfugiés nigérians (HCR, septembre 2020 ; OIM DTM, juin2020) ; 123 489 retournés (OIM, DTM, juin 2020). 
  2. Cadre harmonisé, octobre 2020 
  3. En octobre 2019, le Cadre harmonisé a estimé que 324 285 personnes souffraient d’insécurité alimentaire entre juin et août 2020. 
  4. 409 000 dans les régions du Nord-Ouest/Sud-Ouest (MSNA (Analyse multisectorielle des besoins), OCHA, août 2020); 361 000 retournés (MSNA, août 2020, OCHA) 302 000 vers d’autres régions (5301 vers l’Adamaoua (MIRA (Évaluation multisectorielle initiale rapide), août 2019, HCR), 52 931 vers Yaoundé, Centre (MIRA, août 2020, CHOI (Charte de Cameroonian Humanitarian Initiative)) ; 80 925 vers le Littoral (MSNA, août 2020, OCHA) ; 162 726 vers l’Ouest (MSNA, août 2020, OCHA)). 
  5. ACNUR, septembre 2020.