Deuxième partie : Appels coordonnés inter-organisations

Burkina Faso

HRP
Personnes dans le besoin
3,5 millions
Personnes ciblées
2,9 millions
Besoins (US$)
607,4 millions
Population totale
20,9 millions
Niveau de revenus
Faible
INFORM Severity Index
3.9 / Élevé
Appels consécutifs
2013 – 2021
Personnes bénéficiaires (2020)
2,3 millions

Évolution du contexte et de la crise

Au cours des deux dernières années, une grave crise de protection et de déplacement a émergé au Burkina Faso. Elle est enracinée dans l’insécurité et les conflits alors que des groupes armés non-étatiques ciblent progressivement les institutions gouvernementales et les civils par des attaques meurtrières. En octobre 2020, plus de 1,2 million de personnes avaient été déplacées en moins de deux ans.

L’impact le plus sévère se fait déjà ressentir dans les parties déjà fragiles du pays où une grande partie de la population a depuis le sentiment d'être exclue de la prise de décisions. La montée des tensions intercommunautaires, de la stigmatisation entre les communautés sur la base de l’appartenance ethnique ou d’autres facteurs et l’érosion continue de la confiance dans le gouvernement concernant les défis liés à la protection et aux droits de l’homme avaient exacerbé la situation avant la pandémie de la COVID-19 qui est venue s’ajouter à cet impact néfaste. Le Burkina Faso a en outre enregistré de fortes pluies et des vents violents en 2020 qui ont affecté 106 000 personnes – dont la plupart étaient déjà déplacées par les conflits.

Le nombre de personnes vivant une situation d’insécurité alimentaire a presque triplé l’année dernière, en passant de 1,2 million à 3,3 millions. Pour la première fois depuis 10 ans, l’évaluation de la sécurité alimentaire (effectuée en juillet 2020) a classé deux provinces de la région du Sahel en situation d’urgence (Phase 4 de l’IPC), affectant 500 000 personnes. Sur ces personnes, 11 000 sont exposées à un risque de situation catastrophique (IPC 5). Les taux de malnutrition aiguë se situent entre 15 et 17 % et les taux de malnutrition sévère entre 4 et 6 % parmi les personnes déplacées dans plusieurs des zones les plus affectées et/ou plus durement touchées des régions du Centre-Nord et du Sahel.

Les besoins de protection augmentent avec 2,1 % des personnes handicapées souffrant de handicaps selon les sources officielles. Ce chiffre est le double de la moyenne nationale. Plus d’un-tiers des enfants risquent d’être recrutés par des groupes armés, pour des travaux forcés ou d'autres préoccupations de protection et 1 % des enfants déplacés sont non-accompagnés. Les femmes et les filles, qui comptent pour 54 % des personnes déplacées, sont exposées à un risque accru de violence sexuelle et sexiste par des groupes armés et nombre d’entre elles sont contraintes d’adopter des mécanismes d’adaptation négatifs comme le sexe pour la survie.

Près d’un million de personnes sont affectées par la fermeture ou le fonctionnement minimum de 323 centres de santé. Au début de la nouvelle année scolaire, 350 000 enfants sont restés sans accès à l’éducation en raison de la fermeture de plus de 2200 écoles. Les effets de la COVID-19 sur l’économe exacerbent différentes vulnérabilités. Selon une étude de l'Institut national de la statistique et de la démographie effectuée en août 2020, un-quart des ménages n’ont pas accès à des aliments de base à un moment donné et 10 % des personnes employées avaient perdu leur emploi.

Le financement humanitaire au Burkina Faso a plus que doublé en 2020, mais le sous-financement reste une importante contrainte pour l’action humanitaire dans la mesure où les besoins humanitaires et financiers continuent à devancer les financements et les capacités. En 2020, le financement reçu au 25 novembre était à peine de 55 % du financement requis.

Situation prévue en 2021 et au-delà

Au total, 3,5 millions de personnes dans des zones couvertes par le Plan de réponse humanitaire (HRP) de 2021 ont besoin d’une assistance humanitaire multisectorielle. Il s’agit d’une augmentation de 60 % depuis le début de l’année 2020. Plus de 1,3 million de personnes ont besoin de soutien pour assurer leur bien-être physique et mental. Malgré leur générosité et leur résilience incroyables, les Burkinabé sont de moins en moins mesure de s’adapter à dette crise multidimensionnelle.

Évolution des besoins humanitaires et des besoins financiers (2016 – 2021)

Les personnes ayant besoin d’assistance sont concentrées dans six régions couvertes par le HRP 2021 : le Sahel, le Centre-Nord, Nord, la Boucle de Mouhoun, l’Est et le Centre-Est (nouvellement inclus en 2021). Les personnes déplacées – personnes déplacées internes et réfugiés – font partie des groupes les plus vulnérables. Parmi ces personnes, 19 000 sont essentiellement des ressortissants maliens ; des personnes de communautés d’accueil, en particulier là où les personnes déplacées sont plus nombreuses que les résidents ; et les personnes vivant dans des zones ou les conflits et l'insécurité défient gravement l'accès humanitaire. Les femmes, les filles, les garçons, les personnes âgées et les personnes handicapées concentrent les besoins les plus grands.

Les élections parlementaire et présidentielle inaugureront un nouveau gouvernement en 2021. Dans le passé, une agitation sociale accompagnait de telles transitions, en augmentant le risque d’autres difficultés d’accès aux services sociaux de base comme la santé, l’éducation et les finances publiques. Les inondations et les vents violents en 2020 qui ont gravement affecté des ménages déjà vulnérables, devraient se reproduire en 2021 selon les informations météorologiques.

Priorités de la réponse en 2021

Compte tenu de l’aggravation de la situation, d’autres augmentations de la capacité de réponse sont nécessaires en 2021 ainsi que des efforts concertés pour combler les disparités cachées par les résultats à l’échelle de la réponse. Il sera essentiel d'assurer une plus grande capacité et une couverture plus large des rapides mesures de réponse, de garantir des matériels de haute qualité et plus durables, de respecter les normes nationales et internationales, d’élargir et uniformiser la programmation d’espèces et d’élargir la couverture des systèmes d’orientation de la protection et les services de soutien.

La communauté humanitaire a collectivement priorisé et soutenu l’engagement renforcé et l'obligation de rendre compte aux communautés. La perception initiale et les résultats de l’enquête de satisfaction indiquent que les communautés affectées priorisent l’assistance alimentaire, les soins de santé et les abris adéquats parmi leurs besoins les plus urgents ainsi que l’accès amélioré à des services sociaux de base comme WASH, l’éducation et les services et le soutien de la protection. Les résultats de cette même enquête indiquent que l'importance de l'assistance disponible, en nombre de personnes bénéficiaires et en durée du soutien est source de mécontentement.

L’augmentation continue des besoins de financement en 2021 est due aux chiffres cibles plus importants et l’augmentation des coûts unitaires, notamment en raison des mesures liées à la COVID-19-. De nouveaux domaines d’action humanitaire ont été inclus comme la gestion des sites et de nouveaux services communs comme l’UNHAS (Service aérien humanitaire des Nations unies) et la logistique. Certains clusters doivent également faire d’importants investissements comme ceux liés aux abris et aux articles non-alimentaires (NFI) au profit des personnes déplacées après plus de deux ans d’efforts limités et axés sur une utilisation immédiate.

Informations complémentaires

Notes

  1. Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement  (ACMAD)